biographie jean renoir
portrait jean renoir

Quand on a pour père un homme illustre, Pierre-Auguste RENOIR, initiateur du mouvement impressionniste en peinture, il n'est pas certainement très facile d'exister artistiquement de manière autonome. Jean RENOIR débute pourtant comme céramiste, ce qui lui permet de donner libre court à son sens créatif. Mais il comprend rapidement qu'il doit relever le défi par un moyen radicalement nouveau : le cinéma.

En 1924, il réalise son premier film, un mélodrame social et poétique presque entièrement tourné en décors extérieurs, donnant le rôle principal à Catherine Hessling, son épouse, qui avait par ailleurs été l'un des modèles de son père... La fille de l'eau connaît un certain succès.

Dès cette époque, Jean RENOIR est habité par la mission de magnifier la femme. Pendant dix ans, il va la placer au tout premier rang de ses personnages, et jusque dans les titres : Nana, La petite marchande d'allumettes, La chienne, Madame Bovary.

Le Front populaire et la seconde guerre poussent à une autre exploration : celle de la société en mouvement. RENOIR devient alors un cinéaste critique, soucieux de montrer à l'écran les grands problèmes de son temps, le peuple de ce pays, sa vie, ses joies et ses misères : La bête humaine, Les bas-fonds, La grande illusion, La règle du jeu sont ses plus grands chefs d'œuvre.

Fuyant les nazis et les collaborateurs, RENOIR s'installe à Hollywood où il croit un temps pouvoir continuer son combat. Mais l'Amérique accueille ce génie suspect d'opinions trop progressistes avec méfiance.

Pour contrôler complètement le sens de ses œuvres, le réalisateur devient producteur, mais les ennuis financiers commencent, et durent, malgré quelques grands films (L'homme du Sud, Le fleuve).

Vient l'âge de la nostalgie et du retour aux films "littéraires" (French cancan, Le carosse d'or, Le déjeuner sur l'herbe, Le testament du docteur Cordelier). Il clôt sa carrière avec un film-document autobiographique (Ma vie et mes films, 1974).

En cinquante ans tout juste d'un parcours en dents de scie, RENOIR a toujours tenu le fil directeur de l'humanisme critique : violemment hostile à la domination de la femme par le pouvoir masculin, à celle du petit peuple par les puissance de l'Argent, il est demeuré le cinéaste des grandes causes qui continuent aujourd'hui de susciter les élans de générosité nécessaires à la vie des grandes démocraties contemporaines.


© Philippe PARAIRE 2005